Je me tenais en face de l'Hôtel Miracle, un hôtel que l'on m'avait vivement conseillé à plusieurs reprises.
Le taxi s'en alla, après avoir reçu mon argent ( et ce n'était pas gratuit, je peux vous l'assurer) , son moteur vrombrissant bruyamment. Je m'approchais de l'entrée, ma valise à la main. Je pénétrai dans l'enceinte de l'établissement, ébloui par le vieux hall d'entrée. Je n'aurais jamais imaginé trouver un hôtel aussi beau à un prix abordable. J'avais été muté, dans le cadre de mon métier de chauffeur de bus dans cette ville et je n'avais pas de logement, rien. On m'avait un peu foutu ici en touriste, sans m'avertir de rien. Je ne connaissais alors qu'une adresse: celle du hangar à autobus. Pas grand chose. Je n'avais pas mon piano avec moi, mon objet le plus précieux. Je mourrais d'envie de toucher à nouveau ses touches si superbes, si douces, d'entendre ce son magnifique en sortir... Une vraie douceur... J'avais prêvu de le faire apporter lorsque j'aurais un appartement. En attendant, on m'avait dit qu'il y en avait certainment un par ici.
Je m'approchais de la réception doucement, une jeune femme se tenait là, debout et souriante. Elle était vêtue dans une superbe robe de type soirée et sa longue chevelure flamboyait sous les lampes veilleuses du hall. Après avoir échangé les politesses habituelles, elle me demanda quelle chambre je souhaitais louer. Je réfléchis un instant, puis lui répondis un simple "la moins chère, peu m'importe".